Quels sont les rapports que nous pourrions avoir avec les patients et leurs associations ?
Par Hervé Brosse, vendredi 2 février 2007 à 14:40 :: Association de patient :: #6 :: rss
C’est une question que je me pose au vu des premiers échanges que nous avons eu entre vous et moi. Car votre première demande a été sur votre maladie, or ce n’est pas mon rôle, et je ne suis pas qualifié pour cela. Alors que pourrions-nous avoir à nous dire ?
Cette question volontairement provocante a pour but de susciter le dialogue. On fait appel à moi pour la réalisation de protocoles de recherche souvent décidés à l’internationale. La molécule et la façon dont sera évaluée son action sont déjà décidées. Mais reste à savoir si ce protocole peut se faire en France et comment le réaliser en pratique. En fait la question que pose l’industrie pharmaceutique est simple : « Pouvez vous inclure le nombre de patients demandés par médecin dans les délais imposés ». Et là, nous, nous répondons en interrogeant nos médecins, ils se basent sur leur connaissance de leur patientèle pour nous répondre. Prenons un exemple de maladie chronique tel que le diabète ; C’est assez simple pour chaque médecin de nous dire combien de patient diabétique répondant aux critères médicaux de l’étude il a dans sa patientèle. Là ou cela devient moins simple c’est de savoir combien d’entre vous accepteront de participer à cette étude ? Eh bien cette interrogation c’est le gros point faible de notre analyse. Si on veut pouvoir répondre sérieusement, une seule solution, interroger la seule personne capable d’avoir la bonne réponse : c'est-à-dire vous le patient.
Une toute petite histoire pour illustrer mon propos : Quand on demande à un médecin quel % de patient accepterait de participer à un essai ? il répond 10 à 20%. Quand on pose la question aux patients qui sont dans sa salle d’attente, la réponse est de…. 80%.
Alors bien sûr ce n’est pas si tranché que cela, mais il est indispensable, si on veut répondre sérieusement à la question du recrutement, que l’on vous interroge, vous les patients.
Une étude ce sont des critères médicaux certes, mais ce sont aussi des contraintes pour le patient, par exemple - la consultation doit se faire le lundi et vendredi de 7 à 10heures ? Alors comment faire pour ceux qui travaillent ? - Il faut revoir 4 fois en un mois son médecin pour une simple angine ? Acceptable ou trop contraignant.
On ne peut pas changer le protocole, mais on peut savoir en interrogeant un panel de patients, si pour vous en terme d’intérêt et de contrainte cet essai clinque vous intéresse. Si 9/10 répondent oui, c’est faisable, si c’est 1/10, c’est presque perdu d’avance. Et il vaut mieux alors refuser de participer à cet essai.
Voila une des relations que je voudrais développer avec vous, mais il y en a bien d’autre dont nous parlerons dans un prochain article.
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Merci d’avoir pris le temps de me lire,
Hervé Brosse, Dir Med Isoclin herve.brosse@isoclin.com
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