Soyons simple en France les investigateurs sont à 99% des cas des médecins. Que ceux-ci soient hospitaliers, spécialistes ou généralistes, car tous une fois formés savent faire de la recherche clinique, car tous font de la clinique. Oh bien sûr il faut se former à la méthodologie des essais cliniques mais c’est une autre histoire. Donc en France on a les investigateurs, on a aussi les patients (heureusement car ce sont eux les futurs clients soit dit en passant). On a tout pour réussir, sauf comme partout ailleurs le temps ! Pourquoi ? parce que la recherche clinique est aujourd’hui constituée d’un peu de médecine et de beaucoup d’administratif et des tas de petites autres choses qui n’ont rien à voir avec la prise en charge de la santé du patient. Et le médecin occupé à soigner a autre chose à faire que de coller des étiquettes de taille microscopique sur des tubes de sang qu’il faut placer dans un emballage spécial avant d’appeler le transporteur etc etc etc … Or aucune recherche de qualité ne se fait sans procédures. Elles ont le garant avec le monitoring des arcs et les audits d’une recherche de qualité. Et on veut tous une recherche de qualité, car n’oublions pas que le temps faisant son ouvrage il risque fort de nous conduire vers le statut de patient nous même. Une recherche de qualité c’est la garantie de soin de qualité et ça on serait fou de le refuser. Mais pourquoi demander à un médecin de faire du para-médical ou de l’administratif ? Ce n’est pas son métier, il y a des spécialistes pour cela ! Comme toujours, il est nécessaire que la recherche clinique comme les soins d’ailleurs, soit le résultat du travail d’une équipe de personnes chacune spécialisée dans son domaine. Et la study nurse c’est la personne professionnelle de l’essai clinique, pas de la médecine non, uniquement de la recherche clinique et c’est un vrai métier. Elle est issue du monde médical ou paramédical, elle peut être IDE ou non. Etre IDE lui apporte un plus sur tous les gestes techniques invasifs qu’elle peut alors pratiquer elle même sur le patient. Si elle ne l’est pas là, pas grave, elle devra faire appel à l’IDE pour ces gestes techniques. Ce qui est primordial c’est qu’elle soit formée à la méthodologie des essais cliniques, au contexte réglementaire et à l’esprit de la recherche clinique internationale. Bien loin de la santé des gens elle entendra parler de « recrutement compétitif » de « centre inactif » d’ « objectifs » de « screening failure »… La santé a un coût et l’industrie pharmaceutique à des obligations de rentabilité, c’est ainsi on peut le regretter mais sans argent rien ne peut se faire. Alors plutôt que de se dire : « …….. » autant chercher la solution pour que, en France on puisse continuer à faire de la recherche de qualité. Un des leviers essentiel sera la study nurse. C’est sur elle que reposer tous les aspects logistico-médicaux des essais cliniques. Le médecin investigateur fera de la médecine, l’ARC fera du monitoring, et la study nurse fera le quotidien de l’essai clinique. A l’interface du médecin du laboratoire promoteur et du patient (ne l’oublions pas !) elle sera l’organe de transmission et de facilitation de l’ensemble. Un métier clef de l’avenir des essais cliniques en France, un métier qui vous attire peut être, que vous faite déjà ? ou pour lequel, vous médecin, vous patient vous avez été confronté ? Alors parlons ensemble. Dites moi vos expériences positives ou négatives, pour que nous progressions encore plus avec vous.

Hervé Brosse Directeur Médical