La productivité des essais cliniques
Par Hervé Brosse, lundi 25 juin 2007 à 10:32 :: General :: #41 :: rss

Patrice Jaillon est le nouveau Président du centre national de gestion des essais de produits de santé. Les 5 mois aujourd’hui nécessaires pour lancer un essai clinique lui semble démesurément long, il voudrait le raccourcir à 3. C’est certes une très bonne chose, mais le gain de productivité que recherche tous les industriels des essais cliniques de produits de santé ou autre, peut surtout se rechercher ailleurs.
Quelles sont les étapes chronophages ? La mise en place de l’essai, cela ne fait aucun doute, mais sur la moyenne des 5 mois on peut en gagner 2.
Le data management des données, il se fait de plus en plus « on line », et seulement quelques jours après la dernière visite du dernier patient la base de données est gelée. L’analyse statistique et le rapport clinique peuvent sans doute être aussi réduits. Mais ce qui est vraiment long et chronophage, ce qui parfois (souvent ?) dépasse le timing fixé, c’est la période d’inclusion. Et c’est là que nous, nous pouvons avoir notre rôle à jouer, et faire gagner beaucoup de temps, comment ? En tout premier par une vraie étude de faisabilité, et pas seulement sur le fait de savoir si on a ou non les patients. Non une vraie étude de faisabilité ! Cet essai est-il réalisable par les médecins investigateurs, et si oui que devons nous mettre en place pour les aider dans leur travail. Mais aussi, et cette partie est bien trop souvent oubliée, cet essai est-il acceptable par les patients ? Car c’est eux aussi qui peuvent »bloquer » le système. C’est pourquoi j’attache une importance toute particulière à interroger les médecins, mais aussi les patients. C’est primordial : de l’acceptabilité du protocole par les deux parties dépendra la rapidité de l’inclusion. Un médecin qui sait que ses patients sont déjà d’accord pour le protocole le proposera plus facilement. Alors c’est vrai, peu de patient refusent un protocole quand on leur propose. Mais alors pourquoi ne le propose t’on qu’a 20 % d’entre eux alors que 80 % serait ok pour y participer. L’autre thématique est sans doute de placer le protocole là où il doit être. Quand la population des malades est à 90 % en ville, où devrait-on rechercher les investigateurs ? Et si pour des raisons diverses et variées on ne peut le mettre que dans certains centres, alors voyons ensemble comment réaliser la quadrature du cercle, en amenant les patients consultés là, où naturellement ils n’iraient pas. L’essai clinique est une chaîne ou chacun des maillons est important, le patient et son entourage, le médecin traitant et le spécialiste. Ce sujet est passionnant et me passionne, je reprendrai chacun des thèmes dans des articles plus ciblés, et je sais qu’il va me valoir un courrier abondant, mais c’est en réfléchissant ensemble et autrement que nous n’irons que plus vite et mieux. Hervé Brosse Dir med herve.brosse@isoclin.com
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